À propos À propos
Journaliste passionnée de culture, j‘ai côtoyé durant trente-sept ans au quotidien régional La Voix du Nord,  le monde de l’art, le quotidien des artistes, suivant  étroitement la programmation artistique à Roubaix, de grands équipements culturels nationaux (Le Colisée, Le Ballet du Nord, Danse à Lille-CDC, le musée La Piscine, La Condition publique,  la Manufacture des Flandres) et  la Villa Cavrois à Croix. Contribuant par mes articles, mes critiques de spectacles et mes reportages à l’émergence de nombreux projets artistiques et artistes, dont certains aujourd’hui reconnus en France et à l'étranger.

Je me consacre désormais, après l’écriture, à ma seconde passion, la photographie (utilisée déjà dans le cadre de mon travail de journaliste). Après Surfaces,  première exposition individuelle en mars 2020 à La Corderie à Marcq-en-Baroeul, dans le Nord de la France. D’autres expositions ont suivi sur la métropole lilloise: une exposition collective à la PPGM à Roubaix à l'occasion des Rencontres inopinées de la photographie en juillet 2020  puis à Hem (exposition individuelle) en octobre 2020, à la Fin dation Septentrion (atelier du peintre-restaurateur Christophe Ourdouillie) et de novembre 2020 à février 2021, à la Rianderie à Marcq-en-Baroeul , de février à juillet 2021, à La Source à Roncq (exposition collective Cub'Arts) en septembre 2021, à l'occasion des POAA (Portes ouvertes des ateliers d'artistes) à Hem en octobre 2021, du 4 au 26 mars 2022  avec le plasticien Loïc Henrio à la Black Box Gallery à Mouvaux et enfin en juin 2022 à l'occasion d'Intemporelle II, exposition collective au Chateau de Bourgogne à Estaimbourg en Belgique.

Dans la série photographique Surfaces, relève Anne-Marie Sosnierz,  " Brigitte Lemery capture avec finesse "des traces de vie, des empreintes mémorielles et patrimoniales dont elle saisit l’essence". En effet, passionnée d’image, un regard pour moi… n’est jamais anodin, négligeable, neutre, innocent, inoffensif…
Comme une photographie prise par celui ou celle qui découvre, regarde, observe, contemple, analyse. Car photographier, c’est donner à voir, capter l’essence d’un être, l’esprit des choses ou la mémoire d’un lieu, emprunter… certains disent même … voler son âme. La photographie imprimée, numérisée est un médium, comme l’écriture pour donner à voir, à aimer, à déplorer, à entendre, à comprendre. Photographier, écrire, c’est poser un regard, illustrer, faire un portrait fidèle ou suggestif et donc influencer, séduire, capturer.
La photographie, l’écriture, médiums magiques, sont susceptibles de capter la beauté, la laideur, la souffrance, la violence, l’expression, l'émotion et d’immortaliser un instant, un événement. On fixe, on rend sensibles des images, on les imagine même en utilisant un stylo et du papier, la lumière et la chimie ou l’informatique. La photographie peut être tirée, agrandie, re-cadrée, retouchée, floue, volontairement surexposée ou sous-exposée, en noir et blanc ou en couleur. Elle est toujours… photographie , si la force de l’image imprime durablement la rétine de celui qui la regarde, si elle est à même de faire naître une émotion, de susciter une réflexion.
Voleur d’âme, le photographe est donc aussi passeur d’émotions. La photographie est un moyen, comme l’écriture, de transmettre ici et maintenant, ma passion de journaliste d’informer, de témoigner, de surprendre et d’apprendre.
Dans la série Outre Noirs, , "le noir est une autre couleur. A la fois mate ou brillante, sombre, obscure et cependant lumineuse. Abstraction pure, informelle à l’image de l’oeuvre au noir de Soulages ou classicisme dramatique, ténèbres terrifiantes des « Peintures noires » de Goya ou encore des tableaux noirs de l’enfance griffés d’une craie blanche.
Le noir côtoie souvent le blanc, diamant noir à facettes, étrange ballet poétique, yin et yang, noir d’ivoire de deux teintes opposées et pourtant si complémentaires. C’est une confrontation audacieuse et abstraite en quête d’outre noir ou de « noir lumière », d’opposition et de fusion. Le croisement et le rayonnement de deux mondes contraires, pigmentés, absorbant tour à tour la lumière et la renvoyant, la dévoilant pour sublimer un objet, un personnage, une architecture. C’est l’attraction ultime, funeste ou heureuse de deux couleurs amies, ennemies, jouant et gagnant, tour à tour ou ensemble. « On ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler » dit un proverbe africain.
Comme en peinture ou en écriture, « noir d’encre » du journaliste, la photographie en noir et blanc, troisième dimension, subtile, expressive, nous conte des aventures en couleurs. On n’arrive plus à distinguer le blanc du noir".

                                                                                                                                                              Brigitte LEMERY